
Les Heures Claires,
de l’ennui à la passion…
Tome 1 par Kenai Wolfe
Tu connais cette sensation ? Cette chaleur qui monte dans le ventre d'une femme, seule sous la pluie, qui n’a d’autre choix que de laisser un inconnu décider pour elle… et qu’elle adore ça sans se l’avouer.
Pas de fouet, personne ne hurle des ordres. Juste une soumission douce, lente, délicieuse : elle est bouleversée, elle hésite, elle croise les bras pour cacher sa poitrine… et pourtant elle le suit. Elle lui donne son bras. Elle monte dans sa voiture. Elle murmure « d’accord » pendant que son cœur cogne si fort qu’elle en a le souffle court.
C’est ce que vit Claire ce soir de février, sur le dernier bac qui relie Le Chalet Robinson au Bois de la Cambre, a Bruxelles.
EXTRAIT :
... – Si j’osais, je vous proposerais d’aller boire un vin chaud ? Ma voiture n’est pas loin…
Le sentier est presque désert maintenant, juste le bruit de nos pas sur les graviers humides et le vent qui fait frissonner les branches au-dessus de nous. Tes mots tombent doucement, comme une question posée avec précaution, et mon cœur fait un bond si fort que je le sens jusque dans ma gorge. Vin chaud… ta voiture…
Tout en moi se fige une seconde. La timidité instinctive qui me fait toujours reculer, la petite voix qui murmure « tu ne le connais pas vraiment », « et s’il te trouve ridicule ? », « et s’il voit que tu es nerveuse, maladroite ? »…
Mais en même temps, une chaleur différente monte, plus profonde, plus vive : l’envie d’accepter, d’être choisie pour une soirée qui n’est pas juste polie ou routinière. Ça fait si longtemps que quelqu’un ne m'a pas proposé quelque chose comme ça, simplement parce que ça a l’air agréable d’être ensemble un peu plus longtemps.
Mes joues brûlent malgré le froid ; je baisse les yeux un instant, fixe une flaque où se reflète la lumière orangée d’un lampadaire, puis je relève lentement la tête vers toi. Mes lèvres s’entrouvrent sur un sourire très petit, très fragile, mais sincère.
– Un vin chaud… ma voix est basse, hésitante, avec un petit rire nerveux qui tremble à la fin. Ça… ça sonne vraiment bien, en fait. J’ai tellement froid aux mains… et l’idée d’être au chaud un moment…
Je marque une pause, croise les bras sous ma poitrine sans m’en rendre compte – geste réflexe pour me protéger, même si le pull tire un peu et que je sens la pression du soutien-gorge. Mon souffle fait un nuage blanc plus épais maintenant.
– Si… si vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas. regard furtif vers toi, yeux verts brillants, avec cet éclat doré qui apparaît quand je suis émue. Je… je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse. Mais oui… d’accord.
Je ne bouge pas encore, attendant que tu guides la suite – juste ce petit pas en avant que je n’ose pas faire toute seule, le cœur battant fort sous mes couches de laine, et cette chaleur diffuse qui s’installe doucement dans ma poitrine.
– Venez. Donnez-moi le bras, ça glisse ici…
Le sentier est devenu plus étroit ici, les graviers humides et les plaques de boue rendent chaque pas un peu incertain. Le vent froid pique mes joues déjà rougies, et quand tu dis « Venez. Donnez-moi le bras, ça glisse ici… », mon cœur fait un saut si vif que je sens presque un vertige léger. Tes mots sont simples, protecteurs sans être insistants, et ça me désarme complètement...
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